Systémique, psychogénéalogie: embarquer pour son « jumanji » identitaire

Quand j’étais enfant, j’observais beaucoup, je parlais peu et j’entrais en dialogue avec ce que je percevais comme étant des règles, des lois qui régissaient nos vies à la maison et l’école. Pas de manière directe, mais souterraine dans le non-dit et dans ce qui semble à priori inamovible. J’observais les places de chacun, les schémas, les blocages, les jeux de pouvoir, j’analysais ce qui se passait et, très vite, j’ai aussi décidé de ne pas y adhérer, du moins consciemment. Inconsciemment en revanche, comment vous dire, je pense que je me suis prise au je-eux quelques fois.

En grandissant, j’ai conservé ce réflexe de capter des informations à différents niveaux, ou strates, et d’être en résonnance avec ce qui ne se dit pas mais qui se sent, avec ce qui crie l’évidence pour moi, même et presque surtout dans le silence et j’ai appris avec bonheur et non sans soulagement, que je n’étais pas seule à fonctionner de la sorte. Mon réflexe naturel est de détecter, sonder, de faire bouger, rééquilibrer en subtilité et avec conviction. Que ce soit en famille ou dans le travail, j’ai toujours été dans ce rôle de « mouton noir », de « rebelle » ou attirée vers des fonctions difficilement définissables ou multitâches, propulsée non sans hasard vers ces postes dits « à problèmes » que je préfère qualifier de « à opportunités » (sauf toxicité absolue ne pouvant se remédier qu’à coup de tabula rasa). Quand on travaille avec cette grille de lecture, on fait bouger les choses pour un mieux.

Vous l’aurez peut-être senti, je parle ici de systémique, d’analyse et de stratégie systémiques, de ce prisme particulier qui permet d’appréhender la réalité de manière plus interconnectée, multidimensionnelle et de considérer les groupes (familles, entreprises, départements, groupes d’amis, collectifs,…) comme ayant une existence propre, répondant à des règles, des croyances, des schémas qui transcendent les individus et qu’il faut donc travailler en tant que tels et à ce niveau pour les faire évoluer si tel est notre désir.

Ce qui peut se résumer par l’équation 1+1=3 et pas simplement 1+1=2 .

Retrouver vos racines

Nous voulons tous prendre notre envol à l’adolescence, puis en tant que jeunes adultes. Nous le faisons parfois en réelle opposition à notre famille d’origine. Nous nous programmons sur fond de « moi ça, jamais » ou à l’inverse « il faut faire ainsi, car c’est ainsi que ça se fait » (en oubliant copieusement d’y adjoindre le « chez moi »).

Nous entreprenons, réussissons, échouons notamment en fonction de loyautés à des valeurs, une histoire, un patrimoine culturel familial que nous transportons avec nous et qui nous caractérise autant que la couleur de nos yeux, notre taille, notre constitution physiologique. Car en tant que membre d’une famille, que celle-ci soit à priori sans problèmes, ou bien carrément toxique, dysfonctionnelle, on se passe le témoin entre les générations dans un genre de course de relais qui peut s’avérer parfois carrément glauque.

Savoir d’où nous venons, ce que nous transportons malgré nous, questionner nos aînés et oser regarder en face ce que nous vivons, permet déjà d’appréhender nos expériences de manière nouvelle et de les faire bouger le cas échéant.

Vous remarquerez que beaucoup de personnes se retrouvent d’ailleurs en milieu de vie à faire leur arbre généalogique, après un retour à un soi plus authentique; embrassant leur vulnérabilité au même titre que la force développée et acquise dans leur trentaine.

Présentez-vous

Pour vous mettre en jambe, je vous propose de vous pencher sur l’origine de votre prénom et de voir déjà ce que cela va générer en vous. Le prénom est le marqueur identitaire que je préfère, parce qu’à l’inverse du nom de famille, il se choisit et préfigure déjà ce que votre famille aura prévu pour vous, même dans le cas où c’est le bébé qui souffle dans le ventre de la mère son prénom (puisque la maman choisit alors de laisser ce choix à l’enfant et donc lui offre en quelque sorte une liberté plus grande).

Avez-vous déjà remarqué la puissance parfois teintée de gêne dans les groupes de parole quand, chacun-e à notre tour, nous devons offrir au groupe un « bonjour, je suis ….. » ?

Je vous invite donc à vous demander pourquoi vous vous prénommez untel ou unetelle. Pourquoi ce prénom? Qui a fait ce choix? Était-il fluide entre vos parents? Et, est-ce que vous vous sentez à votre place?

Quand je pose cette question de manière directe à mes clients et que nous prenons conscience ensemble de l’origine familiale de leur prénom, de l’étymologie de celui-ci ou de sa symbolique, c’est toujours quelque chose d’extrêmement utile à la compréhension du présent des personnes concernées et de leurs blocages éventuels.

Les cas de figures sont multiples: hommages aux défunts, à un frère ou une sœur mort-e à un très jeune âge, aux anciennes amours également. Noms officiels non utilisés, noms d’usages préférés, noms portés deux jours pour être changés par la suite, noms au centre d’une opposition entre parents, noms composés, utilisations des deuxièmes ou troisièmes prénoms, ou ceux qui viennent d’une lignée plutôt que d’une autre, références à des personnages mythologiques, de roman, de cinéma, … comme une toile de destins qui se croisent, influençant dès le berceau les vies qui seront menées. Un travail de prise de conscience et de déprogrammation peut donc s’avérer salvateur. Car là encore, nul besoin de subir. On peut ainsi choisir à l’âge adulte de travailler sur ce prénom, de s’en délester officiellement pour en prendre carrément un autre ou le modifier légèrement.

Découvrez votre arbre généalogique et l’histoire psychologique et affective de votre famille

Vous pouvez réaliser l’arbre généalogique de votre famille. Avec internet, vous avez de plus en plus facilement accès à des bases de données même gratuites et vous pourrez ainsi remonter le fil de vos origines, comprendre peut-être d’où vous vient votre nom de famille, vous pourrez répertorier les alliances, mésalliances, titres de noblesse éventuels, naissances, morts naturelles, accidentelles ou à la guerre, … et en cherchant bien, vous aurez peut-être même un oncle ou une tante qui aura déjà fait ce travail pour vous et qui se fera une joie de vous sortir un classeur et de vous livrer des anecdotes récoltées à l’occasion d’un échange de mails avec ce grand cousin d’Amérique dont vous avez déjà vaguement entendu parler. Dans ma famille, c’est mon père qui a entrepris un tel travail, grâce auquel je connais une grande partie de l’histoire de mes lignées maternelles et paternelles et, pour le côté fun, j’ai effectivement des cousins en Amérique du Nord, en Italie, au Kenya, en Suisse, en France et en Belgique.

Fort bien me direz-vous et vous auriez raison, car cela ne s’arrête pas là. L’arbre généalogique renseigne sur des faits objectifs, mais ce qui est important dans une démarche de systémique ou de psychogénéalogie est de connaître et de retracer le vécu nécessairement subjectif d’une personne et quels sont pour elle ou une partie d’une famille les nœuds familiaux, les schémas qui se répètent, les personnes exclues, les croyances et les dictons qu’on se passe de génération en génération, les vieux rêves, les échecs, les faillites, les « il faut », « on doit », les personnes dont on ne parle pas, dont on a honte, les maladies, les internements, les avortements, les enfants naturels, les viols et incestes, les meurtres et tout ce qu’on retrouve communément sous le terme de « secrets de famille » dont on prend généralement bien soin d’élaguer ledit arbre familial, …

Il est donc important de faire ce qu’on l’on nomme dans le jargon un « génosociogramme », ne fut-ce que de manière sommaire, pour comprendre quelle est votre perception, la place que vous occupez et à quoi précisément vous réagissez au sein de ce système qui est le vôtre. Vous pouvez vous faire accompagner dans ce travail de généalogie systémique pendant la recherche et surtout pour dépasser ensuite, transmuter ce qui vous aurez découvert.

Petit exemple: une personne est en rupture familiale. Elle n’a donc plus aucun contact avec sa famille. La famille de son côté, elle, semble se porter bien et en tout cas, elle ne génère pas d’autres exclus que la personne concernée. Dans une démarche psychothérapeutique « classique » centrée sur l’individu, on aurait tendance à considérer que cette personne « est » le problème et qu’elle doit se soigner pour réintégrer l’ensemble. Facile me direz-vous et encore une fois, vous auriez raison. Car en creusant, on constate cependant qu’à chaque génération une nouvelle exclusion se produit. Le système semble donc produire inexorablement de l’exclusion et tant que la cause de cette exclusion ne sera pas révélée, elle se répètera. Travailler sur l’exclu-e est donc tout simplement voué à l’échec, tant que la problématique systémique antérieure ne sera pas résolue…

Ce qui vaut au niveau personnel et familial est également valable au niveau professionnel. Songez par exemple à ce poste où toute personne qui l’occupe finit en burn-out ou à ce département qui sans raison objective, dysfonctionne pourtant de manière continue et systématique, peu importe les personnes concernées ou le management. Il conviendra aussi de faire une enquête de type systémique pour comprendre l’origine du dysfonctionnement et le règler.

Comment savoir si on est face ou si on expérimente une problématique typiquement systémique?

On parlera de problématique systémique quand une personne a tenté un certain nombre de démarches individuelles et que malgré ses efforts, elle persiste dans une situation de blocage, de stagnation, de répétition de schémas. Ainsi et sans que cette liste ne soit exhaustive, on peut citer :

  • un problème à trouver sa place de manière générale ou dans certains contextes spécifiques (dans ses relations amoureuses, au niveau professionnel, …)
  • une sensation de ne pas vivre sa propre vie
  • un projet professionnel qui stagne
  • des échecs amoureux à répétition pour le même motif
  • de l’auto-sabotage
  • des schémas répétitifs constatés au sein d’une famille (exclusion, addiction, suicide, états dépressifs, maladies,…)
  • des problèmes financiers lourds 
  • dans les organisations, un poste ou un département dits « à problème », avec un important turnover ou qui génère des maladies

La personne expérimente alors une situation qui la dépasse et qui trouve son origine dans l’inconscient d’un système qui concerne parfois bien des générations avant elle. 

Prêt-e-s à embarquer pour un processus de guérison pour vous, mais aussi pour celles et ceux qui vous précèdent ou qui vous suivront?

Entamer un processus de guérison en systémique est pour moi un grand acte d’amour que l’on s’offre à soi d’abord, mais aussi à sa famille d’origine et à ses enfants, car il met un terme à la spirale de souffrance accumulée sur des générations. Cela permet de revisiter les histoires, de (se) réhabiliter, de s’honorer, de se donner enfin le droit d’exister, de (se) pardonner.

Le « rebelle » dans une optique systémique n’est que le messager d’une opportunité de guérison pour le système de ses schémas limitants, voire destructeurs. La systémique invite donc à un changement de perspective, où on réfléchit avec plutôt que contre le « fauteur de trouble » . Ce qui permet de changer de paradigme dans beaucoup de domaines.

Les personnes qui viennent me voir sont en général les rebelles de leur lignée ou de leur organisation. Ces personnes se voient malheureusement bien souvent exclues et préfèrent couper les ponts, alors que c’est grâce à elles qu’on peut mettre au grand jour des déséquilibres, des traumas non réglés, de vieilles allégeances, … et aussi les stopper …

Si vous faites partie de ces personnes qui perçoivent les choses au-delà des masques, du discours officiel ou que vous souffrez peut-être même d’une exclusion familiale, professionnelle, ou d’une pathologie, ou encore que vous ressentez des non-dits et corrélativement une impossibilité ou un blocage d’aller questionner ce qui se cache derrière… ne restez pas dans votre solitude, cet état n’est pas une fatalité.

Un accompagnement systémique est un lieu d’écoute, de reconnexion au monde et une formidable bouffée d’oxygène pour ceux qui cherchent leur place, de nouveaux repères ou encore les « rebelles », les hypersensibles, les zèbres et toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont les traits de ce que l’on nomme un « patient désigné ».

Si cela vous parle, concrètement, rencontrons-nous

Je travaille en systémique selon la méthode des constellations familiales et systémiques développée par le psychothérapeute allemand Bert Hellinger. Je propose du coaching ou des constellations systémiques. Si vous connaissez déjà mes activités, vous savez également que je travaille aussi avec les chevaux. Je vous reçois donc en cabinet ou en piste. Quand je travaille avec les chevaux, ceux-ci vont jouer un rôle tout à fait crucial car ils ont une sensibilité et une perception inouïes de l’émotionnel et de l’inconscient quand ils nous accompagnent dans cette aventure (pour en savoir plus sur l’équi-coaching). 

Reposant sur la mise au grand jour de l’inconscient par le biais de jeux de rôles intuitifs et de psychodrames, la constellation systémique permet de résoudre des conflits, des traumas, des schémas présents au sein des systèmes (familiaux, sociaux, organisationnels,…).

Le temps d’une constellation, une personne (ou un groupe) y reconstitue de manière symbolique son système. On invite alors des personnes (ou on les représente symboliquement) à jouer le rôle de représentants de membres d’une famille, d’une équipe, d’un groupe et/ou d’éléments qui y sont liés et qui leur sont complètement étrangers.

On joue des rôles, on bouge, on rééquilibre, on se déleste ou on prend sa place dans ces multiples interactions (interventions dans le jargon).

N’hésitez-pas à nous contacter pour avoir plus d’informations ou pour prendre rendez-vous.

Publié par Diana Van Oudenhoven

Fondatrice de Kaleid'HorseCoop // Équi-Coach, Coach holistique et systémique

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